Ce pourcentage concerne des indemnités de remplacement versées par la mutualité belge dans le cadre de l'assurance obligatoire ; il n'a rien à voir avec la cotisation d'une mutuelle française, qui ne dépend pas de la composition du ménage de cette façon.
Un seul taux la première année, trois taux ensuite
La notion de taux cohabitant est souvent mal comprise parce qu'elle n'entre en jeu que tardivement. Pendant la première année d'incapacité de travail, un salarié perçoit 60 % de son salaire brut plafonné, qu'il vive seul, en couple ou en colocation. La situation familiale joue seulement sur un minimum à partir du quatrième mois, puis sur le pourcentage lui-même à partir de la deuxième année, quand l'incapacité devient de l'invalidité.
Les pourcentages communiqués par l'INAMI sont, pour les salariés et les chômeurs : 65 % avec charge de famille, 55 % pour un isolé, 40 % pour un cohabitant. Ils s'appliquent à un salaire journalier brut limité par un plafond fixé par la loi.
Trois catégories à ne pas confondre
| Catégorie | Taux après un an | En deux mots |
|---|---|---|
| Titulaire avec charge de famille | 65 % | Un conjoint, un cohabitant ou des enfants sans ressources suffisantes à charge |
| Isolé | 55 % | Personne qui vit seule, sans charge de famille |
| Cohabitant sans charge | 40 % | Personne qui partage un même toit et la vie quotidienne avec d'autres |
Titulaire avec charge de famille
Le droit au taux de 65 % suppose que des personnes dépendent de vous. D'après la fiche de Droits Quotidiens mise à jour à la fin de septembre 2026, les revenus du conjoint, du cohabitant ou des enfants ne doivent pas dépasser 1 280,79 euros bruts par mois, montant indexé au 1er septembre 2026. Une contribution alimentaire payée d'au moins 111,55 euros par mois peut aussi compter, tout comme un hébergement alterné d'en moyenne deux jours par semaine fixé par jugement ou acte notarié. Ces seuils sont indexés : vérifiez-les auprès de votre mutualité.
Isolé
Est isolé celui qui vit seul. Le taux de 55 % s'applique aussi à la personne qui prouve qu'elle ne remplit pas les conditions de la cohabitation.
Cohabitant sans charge
Le taux de 40 % s'applique lorsque vous partagez le domicile et l'organisation de la vie quotidienne avec une ou plusieurs personnes, sans que vous ayez de charge de famille au sens ci-dessus. Il s'agit du taux le plus bas des trois.
Colocation : cohabitant ou isolé ?
Droits Quotidiens précise que la colocation n'a aucun effet sur le remboursement des soins, et que vivre avec des amis ou des cousins ne vous rend pas automatiquement cohabitant. Deux conditions doivent être réunies.
- Une condition géographique : vous vivez sous le même toit, physiquement, pendant une certaine durée, la cohabitation ne pouvant être temporaire.
- Une condition économique : vous organisez ensemble la vie quotidienne, par exemple les courses et le ménage, et vous en tirez un avantage financier, par la mise en commun d'argent ou le partage de frais.
Si l'une de ces conditions n'est pas remplie, vous pouvez prétendre au taux isolé, à condition de le prouver. Une simple chambre partagée ne suffit pas à vous faire considérer comme cohabitant. Des comptes séparés, des courses séparées ou des contrats de bail individuels sont le genre d'éléments que l'on peut rassembler pour documenter son cas.
Trois situations de vie, trois lectures du taux
Séparation en cours d'incapacité. Une personne qui vivait en couple avec charge de famille se retrouve seule dans un logement : elle peut passer d'un taux de 65 % à un taux isolé de 55 %, ou rester dans la première catégorie si elle verse une contribution alimentaire suffisante ou héberge des enfants selon les règles d'hébergement alterné. Dans les deux cas, la mutualité doit être informée et c'est elle qui qualifie la situation.
Jeune adulte chez ses parents. La question est de savoir si le domicile commun s'accompagne d'une vie quotidienne organisée ensemble, avec un avantage financier partagé. Le simple fait d'avoir la même adresse ne tranche pas à lui seul ; c'est l'ensemble des faits qui compte.
Colocation étudiante ou professionnelle. Des personnes qui louent chacune une chambre, gèrent leurs courses séparément et paient leur part de loyer sans mise en commun d'argent se rapprochent plutôt du profil isolé, à condition de pouvoir le démontrer. À l'inverse, un groupe qui partage les repas et les dépenses de façon organisée se rapproche du cohabitant.
Ces exemples illustrent une logique, pas une décision : la mutualité apprécie chaque dossier, et sa décision peut être contestée.
Un exemple chiffré fictif
Pour fixer les idées, prenons un salaire journalier brut plafonné de 100 euros, valeur purement fictive choisie pour la lisibilité. La première année, l'indemnité est de 60 euros par jour. Après un an, elle devient la suivante.
| Situation | Indemnité par jour sur 100 euros |
|---|---|
| Avec charge de famille | 65 euros |
| Isolé | 55 euros |
| Cohabitant | 40 euros |
L'écart entre le taux de 65 % et celui de 40 % représente donc, sur ce salaire fictif, 25 euros par jour. L'indemnité est calculée en jours indemnisables selon un régime de six jours par semaine, le samedi inclus.
Pourquoi le taux n'est pas le même pour tout le monde
Le système distingue les ménages parce qu'un revenu de remplacement doit couvrir des charges qui ne sont pas les mêmes selon que l'on vit seul, que l'on partage ses frais ou que l'on fait vivre d'autres personnes. Cette logique se retrouve dans d'autres prestations de la sécurité sociale, ce qui explique que la mutualité demande souvent des documents sur le ménage. La contrepartie est une obligation de déclaration : une situation mal déclarée peut conduire à un recalcul et à la récupération d'un montant versé en trop.
Ce que la situation familiale change avant la fin de la première année
À partir du troisième mois, un montant minimal est garanti, identique pour tous. À partir du quatrième mois, il dépend de la situation familiale. L'INAMI illustre cette règle par un exemple : pour une incapacité qui commence le 10 avril, la situation familiale compte à partir du 10 juillet. Un changement de situation, par exemple une naissance, une séparation ou le départ d'un enfant, doit donc être signalé rapidement afin que la mutualité adapte le minimum.
Déclarer sa situation et la prouver
- Vérifiez comment votre mutualité recueille la déclaration de situation familiale : formulaire, espace en ligne ou agence.
- Rassemblez les preuves de composition de ménage, de revenus des personnes concernées et, le cas échéant, de contribution alimentaire.
- Pour une colocation, apportez des éléments montrant que vous ne partagez pas les dépenses quotidiennes.
- Signalez tout changement dès qu'il intervient : mariage, séparation, nouvel emploi du conjoint.
- Conservez une copie de ce que vous avez remis.
Retenues et cas particuliers
Le précompte professionnel est de 11,11 % pour les salariés. À partir de la deuxième année, une retenue pour le secteur des pensions de 3,5 % au maximum peut s'ajouter, sans que l'indemnité puisse descendre sous le plancher journalier. Les indépendants perçoivent une indemnité forfaitaire par jour, mais leur situation familiale compte aussi, selon Wikifin, sans que la page ne précise les montants : il faut interroger la mutualité.
Erreurs qui coûtent de l'argent
- Se déclarer cohabitant par prudence alors que les deux conditions ne sont pas réunies.
- Ne pas signaler le départ d'un enfant ou la fin d'une cohabitation, et devoir rembourser un trop-perçu.
- Oublier que les ressources du conjoint comptent pour la charge de famille.
- Confondre taux cohabitant des indemnités de la mutualité et statut de cohabitant au chômage, qui relève de règles distinctes.
Quatre questions fréquentes — quel est le taux pour un cohabitant
Le taux cohabitant s'applique-t-il dès le premier jour ? Non, pas pour les salariés et les chômeurs : la première année, tout le monde perçoit 60 % du salaire plafonné.
Vivre chez mes parents fait-il de moi un cohabitant ? Cela dépend des deux conditions décrites plus haut, et de la façon dont la vie quotidienne est organisée. La mutualité examine la situation de fait.
Comment éviter une baisse brutale au bout d'un an ? En vérifiant tôt votre catégorie, en rassemblant les preuves et en demandant à la mutualité un calcul prévisionnel avant le passage à l'invalidité.
Où trouver les montants minimaux en euros ? Sur le site de l'INAMI, qui les met à jour, et auprès de votre mutualité. Ils changent avec l'indexation.
Organismes réels à consulter
Wikifin — Compare la première année à 60 % et l'invalidité à 65, 55 ou 40 %, en distinguant salariés, anciens chômeurs et indépendants dont la situation familiale compte aussi.
Droits Quotidiens — Explique pourquoi la colocation ne fait pas automatiquement de vous un cohabitant et détaille les conditions géographique et économique à examiner.

