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Du salaire brut à l’indemnité versée : le calcul pas à pas

L’indemnité d’incapacité de travail versée par la mutualité se calcule par jour, à partir de votre salaire journalier brut plafonné, auquel on applique un pourcentage qui change après la première année d’arrêt.

Calculatrice, certificat d’incapacité et fiche de paie posés sur un bureau

Cette indemnité relève de l’assurance maladie-invalidité obligatoire gérée par la mutualité belge : elle remplace une partie du salaire, alors que la « mutuelle » française est une complémentaire privée qui rembourse surtout des frais de soins.

Le salaire journalier brut, point de départ de toute l’opération

Quand un travailleur salarié tombe en incapacité de travail, la mutualité ne verse pas un montant « forfaitaire » : elle repart de ce qu’il gagnait. L’INAMI explique que l’indemnité se calcule par jour, sur la base du salaire journalier brut, et que ce salaire est celui du dernier jour du deuxième trimestre civil précédant le début de l’incapacité, ou à défaut le dernier salaire journalier brut connu.

Quel salaire est réellement retenu

Il s’agit du salaire brut, c’est-à-dire avant retenues sociales et fiscales. Une prime exceptionnelle isolée ne gonfle donc pas la base de la même manière qu’un salaire régulier. Pour savoir exactement quelles composantes sont prises en compte dans votre cas (heures supplémentaires, avantages en nature, temps partiel), la mutualité s’appuie sur les données transmises par l’employeur et par la sécurité sociale. Si vous constatez un écart avec votre fiche de paie, demandez à votre conseiller de vous détailler la base utilisée.

Le plafond salarial qui limite la base

Le salaire journalier brut ne peut pas dépasser un plafond fixé par la loi et indexé. Sur la page de l’INAMI consultée en octobre 2026, le plafond applicable à une incapacité primaire débutée à partir du 1er septembre 2026 est d’environ 189,36 euros bruts par jour, dans un régime de six jours par semaine. Un salaire plus élevé est ramené à ce plafond avant que le pourcentage ne soit appliqué. Ce plafond évolue avec l’indice santé et diffère légèrement selon la date de début de l’incapacité et la catégorie (période primaire, invalidité avec charge de famille, isolé, cohabitant).

Première année : 60 % du salaire plafonné

Pendant la période d’incapacité primaire, soit la première année, le travailleur salarié reçoit 60 % de son salaire journalier brut plafonné, quelle que soit sa situation familiale. C’est le même pourcentage pour une personne seule, pour un parent de trois enfants ou pour quelqu’un qui vit avec un conjoint aux revenus élevés. Le premier mois est généralement pris en charge par l’employeur sous la forme du salaire garanti ; la mutualité intervient ensuite, pour autant que les conditions d’affiliation et de stage soient remplies.

Des minimums à partir du troisième mois

À partir du troisième mois, si le résultat du calcul est inférieur à un montant minimum, l’indemnité est relevée à ce minimum. Le troisième mois, le même minimum vaut pour tous les assurés ; à partir du quatrième mois, il dépend de la situation familiale et, pour les personnes ayant charge de famille, du fait d’être ou non « travailleur régulier ». Un garde-fou existe cependant : un minimum ne peut jamais dépasser le salaire journalier brut lui-même.

Le maximum journalier en incapacité primaire

À l’autre bout de l’échelle, un maximum s’applique. Selon l’INAMI, pour une incapacité débutée à partir du 1er janvier 2024, l’indemnité primaire maximale brute est de 113,62 euros par jour à partir du 1er septembre 2026 (elle était de 112,08 euros du 1er mars au 31 août 2026). Ces chiffres montent à chaque indexation : consultez la page des montants pour la date qui vous concerne.

Après un an : le taux dépend du ménage

Au-delà de la première année, on entre en invalidité. Le salaire de référence reste le même, mais le pourcentage varie selon la situation familiale :

SituationTauxMaximum journalier brut (début d’incapacité dès 2024, depuis le 1er septembre 2026)
Avec charge de famille65 %122,95 euros
Isolé55 %104,28 euros
Cohabitant40 %76,21 euros

Charge de famille, isolé, cohabitant : ce que cela recouvre

Le taux « charge de famille » concerne le titulaire qui a une personne à charge au sens de la réglementation, par exemple un conjoint sans revenus professionnels ou un enfant. Le taux « isolé » s’applique à celui qui vit seul. Le taux « cohabitant » vise la personne qui partage son foyer avec quelqu’un qui dispose d’un revenu, sans que le titulaire n’ait de personne à charge.

Le revenu du partenaire change-t-il le taux ?

Oui, mais seulement à partir de la deuxième année. Selon Droits Quotidiens, ce qui compte est le fait de vivre en couple, pas le statut juridique : mariage, cohabitation légale ou cohabitation de fait donnent la même lecture. Un partenaire qui gagne bien place plutôt dans la catégorie « cohabitant » ; un partenaire sans revenu ou à faible revenu permet de rester dans la catégorie « charge de famille ».

Un exemple chiffré tiré du barème de l’INAMI

L’INAMI illustre le mécanisme avec un cas d’école. Un isolé dont le salaire journalier brut est de 40 euros obtient 24 euros en incapacité primaire (60 %). Le minimum de janvier 2023 étant de 58,21 euros, on pourrait croire qu’il l’obtient ; en réalité, le minimum est plafonné au salaire journalier brut, soit 40 euros. Pour le mois, on multiplie ensuite par le nombre de jours indemnisables : l’INAMI montre par exemple 26 jours en janvier 2023, 24 en février et 27 en mars, avec un montant de 68 euros par jour.

Ces chiffres datent de 2023 et ne servent qu’à comprendre la logique : le jour indemnisé est un jour du lundi au samedi, quel que soit votre ancien horaire, et un mois compte donc entre 24 et 27 jours indemnisables.

Du brut au net : précompte et retenue pour pensions

Les montants ci-dessus sont bruts. Pour les travailleurs, un précompte professionnel de 11,11 % est retenu pendant la période primaire, sans que le net ne descende sous un plancher journalier fixé par la réglementation. À partir de la deuxième année, une retenue pouvant atteindre 3,5 % est prélevée au profit du secteur des pensions. Pour les chômeurs en incapacité, un taux de 10,09 % s’applique pendant les six premiers mois lorsque la retenue existait déjà pendant le chômage.

Estimer son indemnité en cinq étapes

  1. Repérez votre salaire brut journalier de référence sur la dernière fiche de paie du trimestre concerné, ou demandez-le à votre mutualité.
  2. Comparez-le au plafond salarial en vigueur à la date de début de votre incapacité.
  3. Appliquez 60 % si vous êtes dans la première année, puis 65, 55 ou 40 % ensuite selon votre ménage.
  4. Vérifiez si un minimum (dès le troisième mois) ou un maximum journalier modifie le résultat.
  5. Multipliez par les jours indemnisables du mois (du lundi au samedi) et déduisez le précompte pour obtenir le net.

Les écarts qui surprennent le plus

Montants, jours et chômage : trois réponses précises

Pourquoi mon virement est-il différent d’un mois à l’autre alors que mon taux ne change pas ? Parce que l’indemnité est payée par jour indemnisable. Un mois de 27 jours rapporte davantage qu’un mois de 24 jours, même au même montant journalier. Une indexation en cours d’année, comme celle de mars ou de septembre 2026, peut aussi modifier le tarif.

Un chômeur tombant malade perd-il son niveau de revenu ? Pendant les six premiers mois, il continue en principe de recevoir son allocation de chômage, sauf si l’indemnité d’incapacité calculée à 60 % du salaire limité qui sert de base à l’allocation est plus élevée. À partir du septième mois, c’est cette indemnité qui est versée.

Les minimums garantissent-ils un revenu décent ? Pas nécessairement. Ils relèvent un montant trop bas, mais ils restent plafonnés par le salaire brut d’origine. Une personne dont le salaire était très faible ne peut donc pas dépasser ce salaire, même avec le minimum.

Le service des indemnités de votre mutualité (ou de la CAAMI, ou de la caisse HR Rail) tient le calcul exact de votre dossier. Les chiffres cités ici sont ceux de la page de l’INAMI et de ses barèmes d’octobre 2026 ; ils peuvent évoluer et ne remplacent pas un décompte individuel. Si le calcul vous paraît erroné, demandez-en le détail écrit et, en cas de désaccord persistant, utilisez le service de médiation ou de plaintes de votre mutualité.

Organismes réels à consulter

Droits Quotidiens — Précise comment les revenus du partenaire et la vie en couple influencent le taux d’indemnité après la première année d’incapacité.

INAMI — Explique le calcul de l’indemnité des salariés et chômeurs : salaire de référence, 60 % la première année, minimums, précompte et exemple chiffré.

CAAMI — Section salariés de la caisse publique : déclarer l’incapacité, ses délais et les sujets liés comme le calendrier de paiement des indemnités.