L’ARR n’est pas versée par la mutualité mais par l’État fédéral ; la mutualité, elle, ne s’occupe que des soins et des indemnités de maladie, et n’a rien d’une complémentaire à la française.
Remplacer un revenu que le handicap empêche de gagner
Quand un handicap est tel qu’il rend impossible, ou presque, l’exercice d’un emploi sur le marché du travail ordinaire, l’ARR assure un revenu minimal. C’est sa différence fondamentale avec l’allocation d’intégration : celle-ci compense des surcoûts liés au handicap, tandis que l’ARR remplace des revenus professionnels que la personne ne peut pas se procurer. Les deux se demandent sur un seul formulaire, et la Direction générale Personnes handicapées du SPF Sécurité sociale instruit l’ensemble.
Les critères médicaux et personnels
Une capacité de gain ramenée à un tiers ou moins
Selon la page officielle, le handicap doit empêcher de travailler, ou réduire la capacité de gain à un tiers ou moins de celle d’une personne sans handicap sur le marché du travail classique. Le médecin tient compte de la formation, de la carrière, des revenus actuels et, s’il y a lieu, des raisons de l’arrêt d’activité. Ce n’est donc pas un simple taux d’invalidité médical : le même diagnostic peut conduire à des conclusions différentes pour un ouvrier du bâtiment et pour un employé de bureau.
Âge, résidence et nationalité
L’âge requis va de 18 à 66 ans en principe, avec des exceptions pour certains mineurs qui sont ou ont été mariés, ont un enfant à charge ou dont le handicap est apparu après la perte du droit aux allocations familiales. Il faut être inscrit au registre de la population, domicilié et résider effectivement en Belgique. Les ressortissants de l’Union européenne, les réfugiés reconnus, les bénéficiaires de la protection subsidiaire et les apatrides ont les mêmes droits que les Belges ; pour le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Norvège, le Liechtenstein, la Suisse et l’Islande, des conditions précises, notamment de travail, s’appliquent.
Le montant : trois catégories familiales
Le montant maximal dépend de la catégorie familiale (A, B ou C), c’est-à-dire de la situation de ménage : personne qui vit seule, avec un partenaire, ou avec charge de famille. La page officielle renvoie à un document de barèmes depuis 2003 et à un simulateur en ligne, et précise que ce dernier n’offre qu’une estimation. Aucun chiffre n’est donc donné ici : il change avec l’indexation et se consulte directement chez la direction.
Les revenus du ménage et leur traitement
L’ARR est sensible aux ressources. Sont retenus les revenus imposables du ménage : les vôtres, ceux de votre partenaire, qu’ils proviennent du travail, d’un revenu de remplacement ou d’une autre source. Contrairement à l’allocation d’intégration, le revenu du partenaire pèse donc sur le droit au montant maximum. En principe, on retient les revenus d’il y a deux ans, indiqués sur l’avertissement-extrait de rôle ; si les revenus du ménage ont varié d’au moins 20 % entre cette deuxième année et l’année précédant la demande, on retient ceux d’il y a un an.
Reprendre une activité sans tout perdre
Les revenus du travail bénéficient d’exonérations. Pour les personnes qui reprennent un travail après au moins deux ans d’inactivité, pour les revenus de 2023 ou postérieurs, la page indique pendant deux ans une exonération de 100 % de 0 à 27 060,23 euros, de 50 % de 27 060,23 à 32 472,26 euros, puis de 25 % jusqu’à 37 884,31 euros. Pour les autres, les tranches sont de 50 % jusqu’à 6 307,23 euros puis 25 % jusqu’à 9 460,84 euros. Ces montants annuels sont indexés et sans date précise sur la page : vérifiez-les avant de planifier une reprise.
Introduire le dossier, en six étapes
- Identifiez-vous sur My Handicap.
- Ouvrez « Mon dossier » puis « Demande d’allocation + évaluation du handicap ».
- Décrivez l’impact concret du handicap sur votre quotidien et sur vos possibilités de travailler.
- Ayez sous la main le nom de votre médecin, votre compte bancaire et votre carte d’identité.
- Envoyez la demande par voie électronique.
- Faites-vous aider, si besoin, par votre mutualité, votre commune, votre CPAS ou les permanences des assistants sociaux de la direction.
Mutualité, indemnités et ARR : comment les articuler
Les revenus de remplacement, dont les indemnités d’incapacité de travail ou d’invalidité de la mutualité, font partie des revenus du ménage. Comme les règles de cumul entre ces prestations sont spécifiques, la direction tient une FAQ dédiée et conseille de contacter sa mutualité ou ses services. Une fois l’ARR perçue, l’intervention majorée est ouverte automatiquement, selon l’INAMI et les mutualités comme Solidaris Brabant. Certaines mutualités, comme Helan, proposent aussi un service d’action sociale dont les travailleurs sociaux aident à faire valoir ses droits.
Cinq questions de bénéficiaires potentiels
Puis-je demander l’ARR après 66 ans ? En principe non : la tranche d’âge s’arrête à 66 ans. Pour un âge supérieur, voyez l’allocation pour l’aide aux personnes âgées de votre Région.
Faut-il avoir cotisé pour y prétendre ? Non. C’est une prestation d’assistance sociale, qui ne dépend pas de la carrière mais des ressources.
Travailler un peu me fait-il perdre l’allocation ? Pas nécessairement : les revenus du travail sont partiellement exonérés, comme indiqué plus haut.
Puis-je avoir l’ARR et des indemnités de la mutualité ? Cela dépend des montants : les indemnités sont des revenus pris en compte. Demandez une simulation.
Où retrouver mon dossier ? Sur My Handicap, dans l’onglet « Mon dossier » ; pour un suivi précis, la direction répond par téléphone en semaine, aux heures indiquées sur son site.
Un calcul d’école pour comprendre les exonérations
Les tranches d’exonération donnent lieu à une règle simple : plus on gagne, plus la part exonérée diminue. Prenons une personne qui reprend un travail après au moins deux ans d’inactivité et dont le revenu imposable annuel est de 30 000 euros, avec les tranches indiquées par la page officielle. Les 27 060,23 premiers euros sont exonérés à 100 %. Sur la tranche suivante, soit 2 939,77 euros, l’exonération est de 50 %, c’est-à-dire environ 1 469,89 euros. Il reste donc environ 1 469,89 euros de revenus du travail pris en compte dans le calcul de l’allocation. Ce calcul est un exemple théorique : l’application réelle dépend de la catégorie familiale, des autres revenus du ménage et des montants indexés en vigueur.
Le message à retenir est qu’un travail à temps partiel ou temporaire n’entraîne pas automatiquement la perte de l’allocation, mais qu’il modifie son montant. Avant de signer un contrat, demandez une simulation à la direction ou à un assistant social de ses permanences.
ARR, indemnités de mutualité et autres revenus de remplacement
Une personne qui perçoit des indemnités d’incapacité de travail ou d’invalidité reste, en principe, couverte par sa mutualité pour ses indemnités ; l’ARR, elle, est une prestation d’assistance qui examine les ressources. Le cas le plus fréquent est celui d’une personne qui n’a pas, ou plus, droit à des indemnités suffisantes et se tourne vers la Direction générale Personnes handicapées. Dans les situations mixtes, la comparaison des montants se fait au cas par cas : demandez à la mutualité le montant mensuel exact de vos indemnités, puis à la direction une simulation de l’ARR en y intégrant cette donnée.
Pourquoi un dossier échoue ou traîne
- La capacité de gain n’est pas jugée réduite à un tiers ou moins.
- Les revenus du ménage dépassent le seuil de la catégorie.
- L’âge limite est dépassé.
- La condition de résidence ou de séjour n’est pas remplie.
- Les exemples de difficultés au travail sont trop généraux pour convaincre le médecin.
La page de référence de la direction est datée d’avril 2026 ; consultez-la pour les derniers montants.
Organismes réels à consulter
SPF Sécurité sociale, Personnes handicapées — Page officielle de l’ARR : conditions d’âge et de capacité de gain, catégories familiales, revenus retenus, exonérations liées au travail et demande en ligne.
Solidaris Brabant — Explique le statut BIM : octroi automatique avec une allocation pour personne handicapée, durée du droit, extension à la famille, avantages de santé et sociaux.
Helan — Présente l’offre d’une mutualité pour les personnes avec handicap : travailleurs sociaux qui aident à faire valoir ses droits, budgets de soins, aides à la mobilité.

