La mutuelle française rembourse souvent monture et verres selon un forfait de contrat ; en Belgique, c’est l’INAMI qui fixe l’intervention sur les verres via la mutualité, et seul le complément dépend de l’assurance facultative.
Le seuil des dioptries : quand l’assurance obligatoire intervient
Contrairement à une idée répandue, tout porteur de lunettes ne touche pas un remboursement de l’assurance obligatoire. La règle dépend de l’âge et du nombre de dioptries, et l’INAMI publie les montants en vigueur depuis le 1er janvier 2025.
Verres : enfants, adultes, plus de 65 ans
- Enfants : dès le verre plan, c’est-à-dire dès 0,00 dioptrie.
- Adultes de 18 à 64 ans : à partir de 6,00 dioptries en plus ou en moins.
- À partir de 65 ans : 6,00 dioptries pour les verres unifocaux, 4,25 dioptries pour les verres bifocaux ou progressifs. Pour ces derniers, c’est la dioptrie de vision de loin qui compte.
Les verres à filtre médical (lumière bleue prédéterminée, verres phototropes ou à teinte fixe) sont aussi concernés. Un adulte de 40 ans à moins 3,00 dioptries n’atteint donc pas le seuil : aucune intervention de l’assurance obligatoire sur ses verres, quelle que soit la facture.
Lentilles de contact
Pour les lentilles, l’INAMI retient quatre profils : un défaut d’au moins 6,00 dioptries, l’aphakie monoculaire, une différence d’au moins 3,00 dioptries entre les deux yeux (anisométropie), ou un astigmatisme irrégulier que les lunettes ne corrigent pas. Les montants par œil, valables depuis le 1er janvier 2025 chez un opticien conventionné, vont de 73,78 euros pour des lentilles souples semestrielles sphériques à 221,35 euros pour des lentilles souples annuelles toriques. Un opticien non conventionné entraîne une intervention réduite de 25 %, sauf pour les bénéficiaires de l’intervention majorée.
Les montants fixés pour les verres
Voici les interventions par verre publiées par l’INAMI, que la mutualité ou une assurance complémentaire peut compléter :
| Catégorie | Unifocal | Bifocal | Progressif |
|---|---|---|---|
| Enfants | 45,88 euros | 126,97 euros | 191,02 euros |
| Adultes (18 ans et plus) | 82,22 euros | 158,11 euros | 217,14 euros |
| Adultes de 65 ans et plus | 82,22 euros | 94,87 euros | 221,35 euros |
Pour un adulte de 35 ans à moins 7,50 dioptries aux deux yeux, deux verres unifocaux donnent 164,44 euros d’intervention de base (deux fois 82,22 euros). À 70 ans, un verre progressif dont la vision de loin atteint 4,25 dioptries est concerné, avec 221,35 euros par verre selon le tableau.
Renouveler : deux ans, cinq ans ou changement de correction
Chez les moins de 18 ans, une nouvelle intervention est possible deux ans après la délivrance précédente ; à partir de 18 ans, cinq ans. Dans les deux cas, elle redevient possible plus tôt si la correction a varié d’au moins 0,5 dioptrie (sphère, cylindre ou prisme). Pour les lentilles, la fréquence dépend du type : une lentille rigide par période de trois ans, douze lentilles mensuelles par an, deux semestrielles, une annuelle ; le seuil de changement est de 1,00 dioptrie.
Ce que les mutualités ajoutent — mutuelle pour lunettes et optique
Deux exemples de barèmes
Partenamut annonce jusqu’à 75 euros tous les deux ans pour lunettes, lentilles correctrices ou lunettes de soleil correctrices, avec ou sans prescription, sur facture indiquant la date, le montant et la dioptrie. Mutualia distingue les âges : pour les moins de 18 ans, 75 euros tous les deux ans pour les fournitures optiques ; pour les plus de 18 ans, 200 euros tous les trois ans. Les deux barèmes ont été consultés en octobre 2026 et peuvent changer.
Monture, laser, offres partenaires
Mutualia accorde aux moins de 18 ans jusqu’à 25 euros par monture tous les quatre ans, plus une majoration de 50 euros pour la première monture, une seule fois dans la vie, et 125 euros par œil pour une opération au laser ou aux ultrasons (plafonnée au prix payé après l’assurance obligatoire). Partenamut propose en outre une offre « Lunettes Pour Tous » de 50 euros pour des verres unifocaux ou 100 euros pour des progressifs, non cumulable avec l’avantage de 75 euros. Les montures ne relèvent pas de l’assurance obligatoire.
Acheter dans les règles : pas à pas
- Consultez un ophtalmologue, qui établit la prescription spécifique pour verres de lunettes.
- Achetez chez un opticien agréé, en personne, dans les six mois de la date de prescription (délai cité par Partenamut) : les achats en ligne ne donnent pas droit à l’intervention de l’assurance obligatoire.
- Laissez l’opticien vous faire essayer plusieurs types de verres et vous informer des prix et du remboursement.
- Signez l’attestation de délivrance qu’il établit.
- Envoyez à votre mutualité la prescription et l’attestation de délivrance.
- Pour l’avantage complémentaire, ajoutez la facture détaillée si la mutualité la demande.
Pourquoi un remboursement est refusé
- Correction inférieure au seuil de l’âge concerné.
- Absence de prescription de l’ophtalmologue ou prescription trop ancienne.
- Achat en ligne ou chez un revendeur sans attestation de délivrance.
- Renouvellement trop proche de la dernière délivrance sans variation de 0,5 dioptrie.
- Facture sans détail de dioptries pour l’avantage complémentaire.
Lunettes de lecture et achats hors circuit
Les lunettes de lecture vendues en grande surface ou en pharmacie échappent à ce circuit, faute de prescription et d’attestation d’opticien. Test-Achats a comparé dix paires de ce type sur la justesse de correction, la solidité et la présence éventuelle de substances toxiques. C’est un achat de confort : il ne remplace pas un examen chez l’ophtalmologue.
Trois profils pour s’y retrouver
Une enfant de 9 ans qui passe à des lunettes avec des verres unifocaux relève dès le verre plan : le tableau de l’INAMI prévoit 45,88 euros par verre, soit 91,76 euros pour la paire, puis un nouveau droit deux ans plus tard, ou plus tôt si la correction a bougé d’au moins 0,5 dioptrie. Une adulte de 45 ans à moins 4,00 dioptries reste sous le seuil de 6,00 : elle ne touche rien de l’assurance obligatoire, mais peut tout de même prétendre à l’avantage optique de sa mutualité, par exemple 200 euros tous les trois ans chez Mutualia pour les plus de 18 ans. Un homme de 68 ans qui porte des verres bifocaux avec une vision de loin à 4,50 dioptries franchit le seuil de 4,25 : le tableau indique 94,87 euros par verre bifocal.
Ces exemples reposent sur les montants publiés ; le prix réel des verres, avec traitements et amincissement, reste supérieur dans la plupart des cas. L’opticien doit vous informer des prix et du remboursement avant l’achat, c’est une étape prévue par la procédure. Gardez aussi une copie de la prescription : elle servira pour la mutualité et, plus tard, pour apprécier l’évolution de la correction.
Quatre questions d’un porteur de lunettes
La monture est-elle remboursée ? Pas par l’assurance obligatoire, qui porte sur les verres. Certaines mutualités accordent un petit complément pour la monture, souvent limité aux jeunes.
Peut-on acheter en ligne et se faire rembourser ? Pas par l’assurance obligatoire. Certaines mutualités acceptent des factures d’opticiens en ligne pour leur avantage propre ; vérifiez le règlement.
Mon enfant change souvent de verres, que faire ? Chez les moins de 18 ans, la règle est de deux ans, avec exception si la correction a changé d’au moins 0,5 dioptrie.
Les lentilles sont-elles couvertes ? Seulement dans les quatre profils définis, avec des montants par œil et par type de lentille.
Organismes réels à consulter
Test-Achats — Test indépendant de dix paires de lunettes de lecture vendues en magasins et pharmacies, avec comparateur ; les résultats détaillés sont réservés aux membres.
Mutualia — Détaille l’avantage optique par tranche d’âge, l’aide pour la première monture, l’intervention pour chirurgie au laser et les justificatifs à envoyer.

